Hey… Jean Pierre Fabre… Tu as tort… OK…

PSA

Paresse, incompétence, tout passe dans le dernier délire de la Cour Constitutionnelle du Togo… Une accélération douteuse des insuffisances professionnelles des membres d’une si haute juridiction… Pitoyable…


Le plus sérieusement du monde, la question se pose, disons même que des questions se posent ; la première, sans nul doute, est : y a-t-il un seul juriste à la Cour Constitutionnelle du Togo ? C’est sans rire, et c’est très sérieux. Y a-t-il vraiment un seul juriste à la Cour constitutionnelle du Togo ? Ça n’a pas l’air…

Au grief de Jean Pierre Fabre, c’est à croire que ce sont des menuisiers qui lui ont fait droit de rédiger la réponse. Le plus important des Arrêts de la Cour Constitutionnelle du Togo indépendant, depuis 60 ans, la DECISION N° EP-005/20 DU 27 JANVIER 2020 est une coquille vide. Imaginer seulement que l’on ait demandé à un de nos amis menuisiers du quartier Tokoin-Wuiti de rédiger le manuel de lancement de la première fusée togolaise vers la lune. Vous ne pouvez évidemment pas concevoir une telle chose, pour imaginer que cela puisse se réaliser ? Eh bien détrompez-vous. Au Togo, c’est possible.

Au Togo, clairement, des couturiers, des menuisiers, des apprentis chauffeurs, curieusement tous des mâles d’ailleurs, de certains quartiers de nos cités, peuvent se rassembler pour rédiger une décision de la Cour Constitutionnelle. C’est ce qui est arrivé avec la requête de « Monsieur FABRE Jean-Pierre en invalidation de la candidature de GNASSINGBÉ Faure Essozimna, candidat à l’élection présidentielle du 22 février 2020 ». Du vrai n’importe quoi que cette décision sans aucune argumentation juridique, aucun raisonnement basé sur le droit… Aucun ! Juste des « Considérant », au total 7 « Considérant », avec 12 « Vu » et après, 2 petits articles pour dire à peu près ceci : Hey… Jean Pierre… Tu sais quoi… Tu as tort… Tu ne peux pas nous demander de rejeter la candidature de Faure… T’es qui toi, Jean Pierre, pour vouloir déranger notre plan ? Laisse faire… Nous-mêmes on sait…


Un abus de paresse pitoyable…

Sans blague. La Cour Constitutionnelle du Togo, un pays indépendant depuis 60 ans, face à l’argumentaire juridique solide de Jean Pierre Fabre, cette Cour n’a trouvé rien à dire que de décider, ex nihilo, et après avoir aligné des « Considérant » comme au bon vieux temps des « Motions de soutien au Général », décider sur la base de rien de raisonné, rien d’argumenté, rien de construit qui soit digne du Togo, digne des prétendus juristes de haut rang, pour la plupart, qui siègent à cette Cour Constitutionnelle.

Aucune argumentation à nous faire travailler les méninges. Rien, sauf dire : considérant que ce que nous décidons ne peut être changé par qui que ce soit d’autre, au Togo, alors nous décidons que tu as tort. Du vrai n’importe quoi. En réalité, c’est à un abus de leur propre paresse, des excès d’ignorance et d’incompétence auxquels nous venons d’assister au Togo… Une honte nationale pour le Togo… Une honte totale pour les membres de la Cour Constitutionnelle qui écrivent une Motion de soutien au lieu d’écrire un Arrêt de haut voltige, une décision de grande facture intellectuelle, argumentée et digne d’une juridiction supérieure. Non… C’est plutôt La-men-ta-ble…

Personne ne s’attendait au Togo, Jean Pierre Fabre en premier, à ce que la Cour Constitutionnelle dise le droit, le droit positif, clair et évident, pour rejeter la candidature de Faure Gnassingbé dans une République aussi bananière, un pays manioceux, que celui du régime togolais. Personne ! Mais tout le monde attendait de voir la manière dont cette éloquente requête, intelligemment agencée, devrait être abordée, démolie en droit, pour le plaisir de la science juridique, des intellectuels, des politiques et surtout de la jeunesse étudiante togolaise, toutes matières confondues et tous domaines entendus. Non… Rien de tout cela. Tout est brut, partisan, désespérant…

Hey… Jean Pierre Fabre… Tu as tort… OK…

Qu’est-ce qu’on a fait des 60 ans… Akoumè ?

Il y a un plaisir à perdre une cause ; un plaisir à savoir que ton adversaire en triomphant de toi t’a appris quelque chose dans le débat litigieux qui vous oppose. Mais là, vraiment, comme diraient les jeunes dans leur langage : c’est nul… C’est d’autant plus nul que dans les deux articles de la décision, l’article 2 en particulier, la honte a poussé les membres à refuser de nommer le requérant, Jean Pierre Fabre, le demandeur, dans leur notification.

C’est frappant ! Tout le monde est nommé pour notification, très explicitement, mais seulement un irrespectueux «notifiée aux intéressés » ; une formule impertinente qui doit remonter aux temps coloniaux pour désigner surtout les personnes qui osent demander justice ; surtout le requérant Jean Pierre Fabre dans ce cas. Puisqu’on suppose facilement que la présente "Décision" de rejet sans justification argumentée, et ainsi énoncée à l’article 1 : « La requête de Monsieur FABRE Jean-Pierre est irrecevable », a été diligentée et supervisée par la partie adverse sous la contrôle de Faure Gnassingbé. Une justice aux ordres… Nul ! Nul... Qu’est-ce qu’on a fait du Togo ?

Pauvre Togo ! Ce pays mérite vraiment d’être changé… Jamais, au grand jamais, le Togo ne changera de lui-même qu’à travers notre abnégation et notre détermination. Merci tout de même à notre ami Jean Pierre Fabre pour sa requête qui restera dans l’histoire politique du Togo… Le Togo de demain saura en faire référence pour édifier et surélever la relève. Merci… Tenons bon !


PSA
[28 janvier 2020]


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